banniere_ecolybride_arnaque_moidjio_camp_benjamin_wambergue

Arnaque de Moidjio et son écovolontariat tortues

Notre écovolontariat auprès de Moidjio pour la mission sur les tortues marines est sûrement la pire de toutes les expériences que nous avons vécues en écovolontariat !

Habituellement, à la fin de nos missions d’écovolontariat, nous faisons un « article bilan » pour montrer les points positifs et négatifs du projet. Mais dans le cas de Moidjio les points négatifs ont tellement d’ampleur, que l’article bilan sera plutôt une mise en garde contre l’arnaque de Moidjio, pour les futurs volontaires potentiels.

Je vais déjà vous expliquer toutes les promesses non tenues de l’association, puis je vous parlerai de l’illégalité de la mission que nous avons menée et pourquoi nous avons carrément été menacés d’être arrêtés par la police !

Voici donc le détail du tissu de mensonges sur lequel est bâtie cette mission :

Accommodations :

Nous avions choisi de dormir sur le camp de la plage de Moidjio afin de vivre au plus près de la nature pour un mois. Or, arrivés sur place, il n’y avait pas de camp, juste une plage vide.

ecolybride_arnaque_moidjio_camp_benjamin_wambergue_2

Le « camp » Moidjio

ecolybride_arnaque_moidjio_camp_benjamin_wambergue_3

Plage Moidjio

Nous avons déjà travaillé comme volontaires dans un camp de fortune sur une plage. Vivre en mode roots ne nous fait pas peur. Mais un camp requiert tout de même le minimum :

  • un lieu qui sert de toilettes, un autre qui sert de douche,
  • un accès à l’eau douce (que ça soit par un réseau d’eau courante ou l’acheminement d’eau dans des bidons de stockage),
  • une zone pour mettre en sécurité nos affaires (contre les voleurs et la pluie),
  • un accès à l’électricité pour charger les appareils personnels et scientifiques (panneau solaire ou générateur)…

Or, il n’y avait rien de tout cela ! Pour avoir accès au moindre de ces aspects, il fallait se rendre au village à 30 minutes à pied en passant sur un chemin peu carrossable à travers les rochers, les mangroves, les falaises…  Au risque de se blesser si la marche était de nuit, ou de rester bloqué en cas de marée haute.

Nous avons donc été contraints de dormir au village chez une femme nommée Rainati (qui se dit présidente de l’association Moidjio). Certes chez elle, il y a l’eau courante et des lits. Mais, vivre les uns sur les autres dans une maison en plein cœur d’un village bruyant et loin de la nature, ce n’est pas ce pour quoi on avait signé !

A noter, vivre chez Rainati à un coût : 80€ par semaine et par personne. Comme nous n’avions pas le choix, nous avons refusé de payer. Mais nous imaginons que cette dame arrondit très bien ses fins de mois grâce aux volontaires. Surtout quand on sait que le salaire moyen aux Comores est aux environs de 200€ et que cette femme avait, sans compter les 80€ par semaine, un salaire de 150€ par mois. C’est un joli pécule qu’elle peut se faire ! Nous ne savons pas si elle partage ensuite ce bénéfice avec le fondateur de l’association.

Organisation :

Nous avons été les 2 premiers volontaires de l’année à arriver et c’est à peine si les gens du « staff » étaient au courant qu’on arrivait. A part la « coordinatrice des volontaires », il n’y avait aucun responsable qui gérait sur place. Nous avons en fait été envoyé sur le terrain dans l’idée qu’on s’organise en très grande partie par nous-même !

Les négociations et le budget effectués  et calculés avec l’aide des volontaires :

Arrivés à Mohéli (l’île où se passe la mission), nous avons découvert que les négociations n’avaient pas été faites.

La « coordinatrice des volontaires » est arrivée en même temps que nous, et s’est retrouvée dépassée par les évènements. Il fallait négocier le prix de la nourriture avec la cuisinière (l’association paye la nourriture chaque jour à la cuisinière), le prix de l’essence pour le bateau avec le vendeur,… (frais inclus dans le prix de l’écovolontariat) Nous avons donc, sur sa demande, et par la force des choses, négocié aux côtés de la coordinatrice les différents points du budget.

Il est déjà anormal que des volontaires soient contraints de mettre le nez dans le budget d’une mission. Mais en plus, il s’est rapidement avéré que le budget de la mission (à 100% financé par l’inscription des volontaires) était insuffisant compte tenu des salaires à payer, de la nourriture, de l’essence consommée pour les sorties en bateau, des allers-retours de la « coordinatrice des volontaires » entre Moroni et Mohéli pour aller chercher de nouveaux volontaires à l’aéroport. Les sorties pour aller étudier les tortues ou les cétacés seraient extrêmement limitées, par manque d’argent.

L’absence de planning :

Nous sommes arrivés sans en connaître plus que ça sur les tortues et sur le lieu où les étudier. Nous n’avions évidemment aucune idée du planning d’une semaine avec Moidjio ni même d’une journée !

Mais personne n’était là pour nous renseigner ! Le capitaine du bateau et le « coordinateur des sorties ( ?) » nous réclamaient simplement le planning pour les prochains jours. Que répondre à une telle demande quand on vient d’arriver ?

Nous n’avions aucune idée de quand faire quoi, où le faire, …

L’aspect scientifique :

Le lieu de l’étude et de protection des tortues est sans contexte magnifique et il y a bien quelques tortues qui  viennent y pondre. C’est sans doute la magie d’être les proches témoins de cela qui a parfois suffi aux néophytes, et leur a permis de rentrer chez eux avec de beaux souvenirs de cette mission d’écovolontaires sur le terrain. Nous sommes ravis pour eux. Mais d’un point de vue scientifique, ce projet est une catastrophe.

Absence de responsable scientifique :

Pour commencer, il n’y avait pas de réel responsable scientifique. Le responsable et fondateur de l’association vit en Europe et ne vient que quelques semaines par an aux Comores. Moidjio a donc simplement décidé de propulser un jeune stagiaire à la tête de la mission. Malgré sa passion et sa bonne volonté, il ne pouvait pas assumer de telles responsabilités :

  • Premièrement, il est arrivé à Mohéli le même jour que nous. Il n’en savait pas plus que nous sur la zone d’étude, le planning à mettre en place, …
  • Deuxièmement, il n’était pas du tout spécialiste des tortues. Il venait pour un mémoire sur les dauphins.
  • Troisièmement, il était jeune et encore étudiant. Il n’avait donc quasiment aucune expérience scientifique sur terrain et n’avait encore étudié que la théorie.
  • Et le grand final, dans un pays où les gens ne parlent que Français et Comorien, c’est qu’il ne parlait qu’Allemand et Anglais.

Attention, nous n’avons absolument rien contre lui, c’était une jeune personne charmante et positive et nous sommes encore amis aujourd’hui (j’espère qu’il me comprendra en lisant ces lignes =)). Mais il ne pouvait pas apporter l’encadrement scientifique dont tout volontaire a besoin pour une mission d’étude et de protection. Lui-même en tant que stagiaire aurait dû être encadré par un scientifique connaisseur sur place afin d’apprendre à exercer sur le terrain…

Au final, nous avons dû l’aider tout au long de sa présence à Mohéli. Nous avons joué les traducteurs à plein temps, Fabrice en tant que biologiste a essayé de l’épauler sur la partie terrain, nous l’avons aidée à négocier et gérer le budget dont elle avait la charge avec la « coordinatrice des volontaires »… Nous nous sommes également soutenus moralement mutuellement, car il n’y avait pas une journée sans problème de toutes sortes.

La décision du responsable et fondateur de l’association, Benjamin Wambergue, de mettre une étudiante responsable d’un double projet scientifique (cétacés et tortues) accueillant des volontaires n’était absolument pas intelligente. Outre le fait que les volontaires étaient quasiment livrés à eux-mêmes sur le terrain, il a mis sciemment la réussite des études de la stagiaire en péril !

Un protocole incomplet :

Notre seul support scientifique était le protocole papier de Moidjio. A première vue, celui-ci paraissait clair et simple, ceci afin qu’il puisse être compris par tout le monde. Mais une fois sur la place, la réalité du terrain nous a rattrapés, il nous manquait énormément d’informations sur la façon d’étudier les tortues.

Et même avec le meilleur protocole du monde, rien ne remplace l’expérience et la formation sur le terrain par un vrai connaisseur!

L’absence de formation sur le terrain :

Sans réel responsable scientifique sur place, inutile d’imaginer une période de formation sur le terrain.

Fabrice étant lui-même scientifique et moi ayant une bonne expérience du travail avec les animaux sauvages, il était pour nous hors de question d’intervenir sur les animaux sans être encadrés, dans un premier temps, par un connaisseur. Nous ne voulions pas stresser inutilement les animaux, mal agir, les faire fuir et abandonner leur nid…

Nous avons donc décidé de nous trouver nous-même des formateurs. Quitte à les payer pour apprendre à bien intervenir sur les tortues et récolter des données fiables et sérieuses. Même si cela impliquait moins de jours à faire l’étude des tortues, nous avons fait notre propre enquête avant tout chose. Même pour savoir sur quelles plages étudier les tortues et à quelle fréquence, ce fut une longue enquête !

Cela dit, malgré nos efforts, certaines activités promises étaient impossibles à réaliser seuls. Contrairement à ce que le site de Moidjio promettait, nous n’avons jamais étudié les herbiers marins (car nous nous y connaissons trop peu pour être autonomes en quelques jours), ni fait des actions pour la sensibilisation des populations à la protection des tortues.

Nous pensons d’ailleurs que Moidjio n’a jamais fait de telles actions d’éducation puisque même les employés de l’association jettent leurs déchets à la mer, font fuir les tortues,…

Des données scientifiques biaisées et inutilisables :

Tout scientifique, qu’il soit en laboratoire ou sur le terrain, doit faire preuve d’une très grande rigueur quant à la collecte de ses données. Le protocole scientifique doit être très strict et toujours suivi à la lettre pour ne pas biaiser les résultats. En effet, c’est en fonction de ces données  que le scientifique peut émettre des hypothèses, faire des statistiques, tirer des conclusions, et à long terme écrire des articles scientifiques.

Hors, pour le cas de Moidjio, nous nous demandons vraiment ce que Benjamin Wambergue, peut bien faire de données récoltées au hasard sur le terrain par des bénévoles et des stagiaires non formés comme nous.

Stresser les animaux juste pour collecter des données inexploitables, cela nous parait inutile et irrespectueux…

Le matériel scientifique inexistant :

Les bénévoles et les stagiaires sont à tel point livrés à eux-mêmes qu’ils n’ont même pas de matériel à disposition pour les études !

Il nous est demandé de mesurer les tortues mais le mètre n’est même pas fourni ! Il nous a fallu fabriquer un mètre avec une ficelle avant de trouver quelqu’un qui a bien voulu nous prêter son mètre de couture !

Il nous est demandé de faire de la photo-identification pour reconnaître les tortues qui viennent pondre. Pour la photo, nous devons utiliser notre propre appareil photo qui doit donc braver l’humidité du bateau et le sable de la plage. Quant à l’identification, nous ne pouvons la faire puisque la base de données référençant les individus déjà connus ne nous est pas fournie.

Il n’y a pas d’ordinateur et encore moins un bureau pour pouvoir mettre au propre les données collectées. Activité qui pourrait pourtant être bien utile quand, pendant plusieurs jour, la mer est trop mauvaise pour naviguer.

Puisque nous n’étions pas là pour cela, nous n’évoquons même pas la mission cétacés/dauphins où le seul matériel fourni pour la stagiaire est un vieil hydrophone sans l’appareil pour le brancher et ainsi enregistrer les sons.

Le responsable de l’association, un homme presque schizophrène :

Gentil aux premiers abords :

Lors de nos premiers contacts par email, Benjamin Wambergue, nous est apparu comme accueillant et agréable même si un peu désorganisé. Il  a été très compliqué pour nous de savoir, par exemple, comment payer notre inscription. Benjamin nous disait que l’association n’avait « pas vraiment » de compte en France (nous aurions dû voir que c’était un peu bizarre cette histoire pour une association Française… mea culpa). Nous avons également appris plus tard qu’il a juste oublié de prévenir d’autres volontaires d’amener le matériel basique pour passer la nuit sur les lieux de ponte et étudier les tortues (comme un duvet, une tente, une lampe rouge…).

Agressif sans prévenir :

Durant la première semaine de mission, nous avons essayé de travailler correctement, d’aider la stagiaire à assumer toutes ses responsabilités et rester avant tout positifs et constructifs, malgré tous les aspects négatifs de la mission.

Nous n’avions pas été en contact avec Benjamin Wambergue depuis que notre inscription lui avait été payée avant notre mission.

Quand soudain, nous avons reçu un énorme email incendiaire de sa part. Il était extrêmement agressif et nous faisait tout un tas de reproches infondés.  Il nous reprochait notamment de détruire le moral et l’esprit de la stagiaire, il sous-entendait que nous étions racistes envers les Africains et apeurés par les musulmans, et nous menaçait pour ne pas qu’on touche les tortues…

Cet email était du grand n’importe quoi, il semblait transformer la vérité que lui racontaient la stagiaire et peut-être des membres du staff. Nous avons été choqués et énervés de lire un tel email dans la mesure où nous passions notre temps à aider et à rester positifs malgré les promesses non tenues que Moidjio nous avait faites ! Nous lui avons répondu une fois avant de couper tout contact. En effet, il semblait sans intérêt de nous lancer dans une dispute sans aucun sens (que répondre à quelqu’un qui te conseille de mettre les mains sur les yeux d’énormes tortues pour les immobiliser et ainsi les mesurer tout en t’interdisant formellement de les toucher ?). Nous avions d’autres chats à fouetter.

Plus tard, par divers biais indirects (Facebook, discussion avec des stagiaires et des membres du staff… Personnes avec qui nous nous entendions très bien) il nous a traité de « princesses racistes », de personnes « stupides », « râleuses » et j’en passe.

Qui est Benjamin Wambergue ?

A Mohéli, nous avons rencontré beaucoup de personnes qui ont côtoyé Benjamin Wambergue. Certains avaient travaillé ou travaillent encore avec ou pour lui, d’autres l’avaient simplement eu comme client… Les histoires et avis que nous avons entendus sur lui quand nous nous sommes renseignés étaient souvent loin d’être positifs mais nous ne pouvons pas les prendre pour argent comptant. Nous ne nous baserons donc que sur notre vécu pour juger.

Au final, nous ne savons pas si cet homme est juste un menteur et un arnaqueur, ou si c’est une personne dérangée qui se berce d’illusions en s’imaginant des histoires, en transformant la vérité et en se prenant pour un scientifique sérieux, reconnu et grand protecteur de la faune.

Son intérêt dans l’histoire semble être de gonfler son CV (et peut-être aussi son égo) ainsi que d’obtenir gratuitement des données scientifiques (quitte à ce qu’elles ne soient pas sérieuses). Dans le milieu de la recherche, il faut savoir que les données scientifiques sont un réel trésor, qu’associations et organismes mènent souvent de longues négociations ou sont même prêtes à payer pour en obtenir.

Ce que nous savons c’est qu’il ne faut pas lui faire confiance et ne pas croire à ses histoires même les plus anodines. Par exemple, pendant notre mission, il a inventé des informations de toute pièce sur la page FaceBook de Moidjio. Il dit notamment que l’équipe de sa stagiaire a sauvé 20 tortues contre les braconniers, hors nous n’avons vu que 5 tortues en tout et pour tout durant toute notre mission !!!

L’ultime promesse non tenue : Le reçu fiscal

Ce sont nos mères respectives (coucou les mamans !!! =)) qui nous ont offert cette mission d’écovolontariat. Elles ont investi pour nous aider en pensant qu’elles bénéficieraient comme promis sur le site de Moidjio d’un reçu fiscal afin d’avoir une réduction d’impôt pour leur don à une association de loi 1901. Or, jusqu’à maintenant, elles n’ont rien reçu de la part de Moidjio et vont donc perdre trois fois plus d’argent que prévu. (Si Benjamin me fait mentir et leur envoie le reçu fiscal qu’il leur a promis, je m’engage bien sûr à supprimer ma critique)

Moidjio sur Mohéli, une mission illégale !

Ce qui nous a mis la puce à l’oreille :

Dès notre arrivée sur l’île de Mohéli, Rainati présidente de l’association ( ?) nous a demandé de ne pas parler du fait que nous étions bénévoles pour Moidjio. Elle nous a expliqué une obscure histoire de changement de directeur de parc national qui aurait lieu dans quelques jours et que le nouveau directeur serait sûrement moins froid à accepter l’association. Rainati nous a également expliqué qu’elle travaillait elle-même comme chargée de mission au Parc. Nous avons donc coopéré, on nous a demandé de dire que nous étions juste des amis de Rainati en visite touristique…

C’était étrange mais, dans le tourbillon de tout ce que nous devions faire en arrivant dans une structure sans la moindre organisation, nous n’avons pas réfléchi.

Un jour, un employé de Moidjio nous a dit que par contre le lendemain il ne faudra pas sortir travailler et rester cachés parce qu’une délégation officielle de l’AFD, l’Agence Française de Développement (le principal bailleur de fond du Parc Marin), allait être en visite dans le Parc Marin et qu’on risquerait la prison ! Des explications ont été demandées à Benjamin. Celui-ci a dit que Moidjio n’avait pas à se cacher et que la consigne de nous faire passer pour des amis de Rainati, il ne la connaissait pas ! Par contre il nous a confirmé que nous avions intérêt à nous faire très discrets, voire invisibles le jour de la venue de cette délégation. Ah bah faudrait savoir ! Moidjio doit se cacher ou pas ?!

Découverte du pot aux roses :

Le lendemain de la visite de la fameuse délégation, nous avions prévu de rencontrer de vrais professionnels travaillant sur les tortues depuis bien longtemps afin d’en apprendre plus sur les tortues et la façon de les étudier et de les protéger.

Nous n’avons pas eu à mentir par omission en n’évoquant pas Moidjio, les spécialistes l’ont déduit rapidement tous seuls !

Ils nous ont alors expliqué que Moidjio n’avait aucun droit de travailler sur le Parc National, que l’association le faisait à l’insu du parc national de Mohéli et qu’elle avait même été clairement interdite d’exercer ses activités depuis quelques années, suite à la décision d’un juge. Cette information nous a ensuite été confirmée par le directeur du parc lui-même. (Cette interdiction était d’ailleurs déjà en vigueur en 2016 quand Moidjio était venu à Nioumachoi avec des volontaires sans se révéler au parc)

ecolybride_arnaque_moidjio_benjamin_wambergue_proces_verbal_marin_marin_national_moheli

Page 1 du procès verbal

ecolybride_arnaque_moidjio_benjamin_wambergue_proces_verbal_marin_marin_national_moheli_2

Page 2 du procès verbal

Que cette décision vis-à-vis de Moidjio ait été officialisée suite à la décision d’un juge « corrompu » (selon Benjamin), ou confirmée et appliquée par un « pseudo » directeur (selon les dires de Benjamin encore une fois) n’a pas vraiment d’importance pour nous. En effet, l’Union des Comores est un Etat souverain et en tant que ressortissant étrangers, nous n’avons pas à dicter aux autorités comoriennes des lois différentes de celles en vigueur. Le fait est que Moidjio nous a envoyés travailler dans un pays étranger en sachant que cela serait dans une illégalité reconnue par les autorités de l’Etat de l’Union des Comores. Benjamin nous a donc mis directement en porte-à-faux vis-à-vis des autorités comoriennes.

Il a même ensuite fait pire ! Après que l’un des volontaires lui ait annoncé que l’on savait travailler dans l’illégalité, Benjamin a contacté la stagiaire pour lui demander de nous faire travailler un maximum, de nous « faire suer », de « nous occuper au point qu’on ait plus le temps de penser ». Il a donc continué en toute connaissance de cause à tenter de nous faire travailler illégalement sur un parc national ! Se fichant ainsi de notre sécurité et des décisions des autorités Comoriennes !

Heureusement le Parc National fut très compréhensif et ne nous a pas incriminés à condition bien sûr que nous cessions ces activités illégales qui entraîneraient notre arrestation.

Bien sûr, nous savons que les associations œuvrant à l’étranger ont parfois des problèmes avec les autorités locales et nous savons à quel point cela peut-être dur et complexe de mener à bien des missions de protection de l’environnement dans ces cas-là. Mais une association ne devrait pas envoyer des volontaires livrés à eux-mêmes, au casse-pipe, sans même les mettre au courant de quoi que ce soit ! Un volontaire n’est pas un employé de l’association, il n’a pas et ne peut pas endosser la responsabilité pour régler ce genre de problèmes !

En bonus :

Nous avons repéré les traces de récents braconnages sur les sites de ponte que nous étudions pendant la nuit.

Nous avons appris que les personnes qui braconnent les tortues à Mohéli peuvent être très dangereuses. Nous avons rencontré une scientifique avec plusieurs points de suture suite à une confrontation avec des braconniers et leurs couteaux.

Benjamin a donc mis sciemment en danger des bénévoles et des stagiaires.

Allez ! Quelques point positifs quand même sur cette mission !

La nourriture était très bonne. Les gens de Mohéli sont dans l’ensemble très accueillants et amicaux. Nous nous sommes fait plusieurs bons amis =)

Cette histoire va me donner matière à rédiger un article sur « comment éviter les arnaques en écovolontariat » !

Pour conclure :

Moidjio et Benjamin Wambergue sont vraiment à exclure de votre carnet d’adresse d’écovolontariat.

La mission est néfaste pour :

  • les tortues, qui sont stressées pour récolter des données inexploitables,
  • les écovolontaires et stagiaires qui sont livrés à eux-mêmes et travaillent dans l’illégalité,
  • la réputation de Mohéli et des Comores vis-à-vis du tourisme. Même si c’est un endroit paradisiaque, authentique et peuplé de gens adorables, comment ne pas oublier cette mauvaise expérience ?
  • la réputation de l’écovolontariat en général. Difficile de vouloir continuer à payer des associations pour aller les aider quand on sait que certaines d’entre elles ne sont pas sérieuses du tout …

Pour finir, j’aimerais remercier tous les Mohéliens, Comoriens ou Européens qui nous ont soutenus durant cette épreuve sans rien demander en retour. J’envoie également plein de pensées positives aux personnes qui se sont retrouvées dans cette galère, avec qui nous avons réussi à rester soudés jusqu’au bout, pour garder la tête hors de l’eau pendant cette triste aventure ! Nous n’oublierons jamais l’amitié des Naufragés de Moidjio !

Nous avons publié un article décrivant ce qui nous est arrivé après la mission avortée de Moidjio. Vous pouvez le lire en cliquant ici !

Partager : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInPin on Pinterest

Précédent

Nos vidéos du Brésil

Suivant

Itsamia, le village des tortues

11 Commentaires

  1. Lyliane

    Quelle galère !!!! En espérant que cette association et que ce sale type ne continuent pas de faire travailler d’autres bénévoles.
    Ce n’est pas pensable qu’ils aient pu mettre la vie des gens ainsi en danger!!!!
    J’espère que malgré cette mésaventure vous garderez quand même de bons souvenirs de ce pays et des comoriens?
    Bon courage pour la suite. Bisous

  2. Nadine

    Eh bé!!!!! Oui quelle galère!
    Vous garderez je pense les bons souvenirs de ce peuple !!!
    Bisous et à bientôt pour la suite de votre aventure si merveilleuse!!!!

  3. Lecomte Francoise

    Il faudrait voir en revenant en France s’il ne serait pas souhaitable de porter plainte contre cette personne pour vous avoir envoyé dans une mission dangereuse et illégale et non encadrée afin qu’il ne puisse plus abusé d’autres volontaires.
    Bon courage à vous deux

  4. Myriam

    Hallucinant ! Au dépend de ses pauvres tortues… c est une honte de se servir d elles. Heureusement que vous êtes limpides dans vos démarches…c est la.meilleure méthode pour évincer les malhonnêtes gens. Bonne continuation et belles rencontres encore pour
    Vous a venir ! On vous suit !

  5. C’est outrageux ! Est-ce-que vous allez essayer de récupérer l’argent de l’inscription au moins ? Une tâche sûrement compliquée j’imagine, mais il faut quand même essayer… Vous êtes restés combien de temps là-bas au final ?

    • Maude

      On est resté 2 semaines et demi. Nous pensions vraiment qu’on pouvait se débrouiller malgré le manque d’encadrement et faire quelque chose de positif là-bas malgré tout. Mais les jours passants, il y avait toujours de nouvelles mauvaises surprises. Nous avons tous arrêté les frais quand on nous a appris qu’on avait pas le droit de travailler…

  6. lionel silly

    Vous vous occuperez surement de ce sale type à votre retour.
    Il faut le mettre hors d’état de nuire.

  7. Nono & Co

    Tout à fait sympathique cette petite histoire de charlatan!!
    C’est vraiment honteux!
    Courage à vous!

    • Maude

      Merci beaucoup Nono & Co ! T’inquiète « la bave du crapaud… » 😉

Laisser un commentaire

Copyrights ©Ecolybride 2016