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Bilan de la mission Wildlife à la WFFT

Il faut bien le dire, nous ne sommes pas tombés amoureux de cette mission comme cela a été le cas pour la mission à  Hustaï en Mongolie. Cela vient peut-être du fait que le programme de bénévolat du WFFT est très développé. Il y a un tel turn-over de volontaires que les règles y sont strictes et pas toujours arrangeantes…

Cela dit nous avons quand même trouvé pas mal d’aspect positifs à notre séjour, nous commencerons d’ailleurs par citer ceux-là !

Les bons côtés :

Des animaux sauvages très bien traités

Les enclos sont plus ou moins grands mais sont toujours bien aménagés et adaptés aux espèces. La coordonnatrice wildlife, Pin, veille toujours à ce qu’il y ait des enrichissements différents tous les jours pour les animaux. Elle vérifie également tous les soirs que les équipes de bénévoles n’aient rien oublié, que tous les gibbons ont bien à boire pour la nuit etc.

Les rencontres

Parmi la soixantaine de bénévoles et le turn-over tous les week-ends, il y a l’embarras du choix pour trouver des gens avec qui s’entendre !

Pour notre part, nous avons rencontré de belles personnes : Corinne, la grande sentimentale des animaux ! ; Margaux, la princesse de la jungle ; Maxime, qui prend la vie du bon côté ; Sabrina, qui voit du bon en tout le monde ; Marcel, toujours souriant et bosseur ; Darren, la force de la Nature qui n’est pas venu ici pour se tourner les pouces ; Shawn, le bénévole/permanant muet et pince-sans-rire ; Pin, notre coordinatrice omnipotente à l’énergie débordante ; et on en oublie sûrement !

Mais nous nous sommes fait également de vrais amis : Katy, la Strasbourgeoise ; Elise et Michel, des tours du mondiste au cœur sur la main ; Katarina et Matthias nos Danois préférés ; Mathilde, l’infirmière maladroite ; Sophie, la spécialiste des centres de faune sauvage et des enrichissements ;… (Les copains, on se retrouve dans un an quand on aura fini nos périples respectifs !!!)

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De gauche à droite : Michel, Elise, Katarina, Matthias… et après vous savez !

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De gauche à droite Mathilde, Michel, Elise, Mathias, Katarina,…

Les gibbons

Attendrissants, intelligents, beaux, sensibles… Nous avons appris à connaître chacun d’eux au fil des jours.

Joey : toujours content.

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Joey

Nee : aveugle mais toujours aussi adroit

Ploy : qui vocalise en même temps que nous parlons

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Ploy

Dao : qui est en couple mais qui aime bien faire des avances à Fabrice

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Dao, Gibbon à bonnet femelle

Mais aussi ceux qui s’amusent à faire pipi sur les volontaires tout en se balançant pour bien arroser partout ; ceux qui sont fétichistes des cheveux et qui n’hésitent pas à attraper les tignasses des nouvelles bénévoles qui n’ont pas encore compris qu’on ne travaillait pas les cheveux détachés ; ceux qui détestent les hommes et ceux qui détestent les femmes ; …

Comment ne pas tomber amoureux de ces animaux ?!

La diversité des tâches

Pin, notre coordinatrice, veille toujours à essayer de nous faire varier nos journées. Nous travaillons rarement plus de 3 jours dans le même secteur. Cela évite la monotonie. Quel que soit notre team, nous avons toujours un ou des « special project », ils sont rarement agréables à réaliser mais qui changent ! Récurage de bassin, repeindre les noms des animaux sur les bols, déballer les fruits, couper du bambou pour de futurs enrichissements, creuser des canaux pour évacuer l’eau de certaines zones, nettoyer la cuisine, ranger la salle d’enrichissement, il y en a pour tous les goûts !

Utilité de notre travail

Les bénévoles de wildlife ne sont pas censés être là pour faire de la représentation. Sans eux, il serait impossible de s’occuper correctement de tous ces animaux. Le travail a beau être épuisant, il est aussi d’une utilité vitale pour les animaux !

Les mauvais côtés :

Le travail très intensif

Nous avons beau être heureux de nous sentir utiles, ici on se sent parfois un peu exploités.

Les infrastructures et les outils ne sont pas souvent adaptés à notre travail (par exemple pour récurer les piscines, il faut se mettre à quatre pattes et gratter à la petite brosse alors qu’il serait plus confortable de travailler avec des ballets brosse). L’emploi du temps de la journée est minuté mais pas toujours optimisé.

Le plus rageant, c’est que beaucoup de « soigneurs animaliers » ne travaillent pas beaucoup. Il leur arrive souvent de nous regarder suer sang et eau pour récurer une piscine pendant qu’ils sirotent un soda frais…

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Le seul soigneur animalier que nous avons trouvé sympa, agréable et travailleur.

Les journées sont souvent éprouvantes et un seul jour de repos par semaine ne suffit pas pour s’en remettre…

Le manque de bénévoles et surtout de bénévoles efficaces

Beaucoup de bénévoles viennent au WFFT pour les éléphants, par contre au secteur Wildlife il y a souvent un manque de main d’œuvre.

Il y a un certain nombre de bénévoles qui ne sont pas efficaces et qui ralentissent les équipes. Et ce pour deux raisons :

  • Soit parce qu’ils ne sont pas là pour longtemps. En restant juste une semaine, ils ont tout juste le temps de découvrir le travail mais n’ont pas le temps d’aider vraiment. D’après nous, la durée minimale de volontariat devrait être rallongée au WFFT, une semaine, c’est trop court…
  • Soit parce qu’ils sont là simplement pour faire bien sur le CV ou pour pouvoir approcher des animaux de près. Ceux-là, on souvent une vision différente du bien-être animal. Ils ne travaillent pas beaucoup ou travaillent mal, ils retardent énormément les équipes et sont fatigants à gérer pour les team leaders.
  • Soit les deux à la fois !

 

La vie en grosse communauté

Le nombre de bénévoles est souvent de 50 voire 70 en même temps ! Certains n’ont pas très bien compris le principe de la vie en communauté. Ils gaspillent la nourriture, prennent de longues douches (les derniers à se doucher n’ont plus de pression), laissent leurs saletés traîner, écoutent leur musique et téléphonent avec le haut-parleur dans les zones communautaires, ne respectent pas leurs colocataires… Quand la communauté est si grande, cela devient parfois invivable.

Certain n’ont également pas compris le principe de travail en équipe. Ils agissent égoïstement et laissent les autres passer derrière eux pour corriger leurs erreurs et les aider dans leur retard (mais bien sûr ne viennent pas aider les autres)…

De plus, il y a souvent un manque de nourriture et de couverts. Il suffit d’être en retard de 10min aux repas pour ne pas avoir de dessert ou ne plus avoir de couverts… Pour ça, la WFFT est un peu avare.

Il faut payer pour tout

Nous avons parfois eu l’impression d’être dans une sorte de club Med où tout le service ne serait pas compris… Les sorties, les lessives, la participation à un sauvetage,… tout implique un supplément. Et ce n’est pas toujours donné. Les taxis du coin et le centre semblent s’être mis d’accord sur des tarifs un peu exagérés pour transporter les bénévoles. Il est impossible de faire une excursion sans passer par ce réseau. Même s’il s’agit d’une excursion à l’hôpital à cause d’une infection ou d’une maladie, le voyage sera payant !

La WFFT ne rembourse jamais. Si quelqu’un tombe malade et doit partir plus tôt, son séjour n’est pas remboursé.

Les règles de sécurité

Elles sont quasiment inexistantes, il y a des réunions d’information toutes les 2 semaines environ sur le sujet. Mais elles ne sont pas données dès le début du bénévolat.

Les singes dangereux qui passent les bras à travers le grillage, les individus (plus ou moins dangereux) qui sont promenés dans le centre sans prévenir, les animaux qui ne sont pas vaccinés contre la rage, les soigneurs qui oublient de couper l’électricité des enclos quand les écovolontaires viennent les nettoyer… Tout cela, le volontaire doit l’apprendre par lui-même, parfois à ses dépens !

Pour notre part, nous savons souvent de quoi les animaux sont capables, nous avons déjà les bon réflexes mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Nous avons été témoins de plusieurs accidents, jamais graves pour l’instant heureusement.

Le contenu pédagogique limité

Nous sommes venus ici pour en apprendre plus sur les gibbons et notamment sur le processus de sauvetage et de réhabilitation, mais il nous a fallu courir après les informations pour en savoir plus. Il y a des panneaux explicatifs dans le centre mais ils sont vieux et succincts. Il y a des visites guidées pour les touristes, mais les guides ne font qu’y raconter le caractère et l’histoire personnelle de chaque individu.

Durant tout le mois, il n’y a qu’un soir où Edwin, le fondateur de l’association, a fait une conférence sur les problèmes des Tigres. C’est tout !

Pour finir :

Si cette mission était à refaire, nous la referions car les animaux y sont bien traités, que nous sommes vraiment utiles et que nous avons fait de superbes rencontres.

Mais nous ne ferions pas un mois de plus car l’association exploite trop les bénévoles tant physiquement que financièrement. Et que la WFFT n’agit pas pour que le travail en équipe et la vie en communauté soient plus faciles.

En résumé à la WFFT, le bien-être animal est top mais le bien-être des volontaires laisse à désirer.

Pour regarder notre vidéo bilan, cliquez ici !

Attention, nous parlons ici essentiellement du travail en wildlife, nous n’avons pas expérimenté la partie éléphant qui est complètement différente au niveau du travail parait-il…

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  1. Lyliane

    Oui en effet ça change de Hustaï, peut être justement parce qu’il y a trop de bénévoles de courte durée et beaucoup de travail ???
    Malgré tout j’espère que cela vous a apporté plein de belles choses en plus de belles amitiés.
    Bisous

  2. NADINE

    Chaque mission est bien différente. Des bons souvenirs quand même.,.. bonne continuation les jeunes. Bises

  3. Lionel

    Ces rubriques « bilan » sont des plus intéressantes pour moi et surtout pour les éventuels participants à l’écovolontariat comme pour les établissements receveurs. Mais sûrement difficile à faire partager.
    Au travers, je cerne aussi très bien vos ressentis.

    • Maude

      Nous les faisons essentiellement pour les futurs écovolontaires. Peut-être que le WFFT tombera dessus ? Nous verrons bien =)

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