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Le travail de volontaire au BRC (Batumi Raptor Count)

Être volontaire au BRC comment ça se passe ? Quels sont nos horaires de travail ? Qu’est-ce que les volontaires doivent savoir ? Qu’est-ce qu’ils peuvent apprendre… Vous saurez tout dans cet article !

Au Batumi Raptor Count, les bénévoles sont essentiels. Durant les deux mois de migration des rapaces, ce sont uniquement des bénévoles qui sont sur le terrain.

Les différents bénévoles

Il y a 3 niveaux de bénévoles.

Un bénévole qui s’occupe de la logistique. C’est un peu le grand chef sur place, il connaît depuis plusieurs années l’association, les locaux… Il gère les nouveaux arrivants, les inscriptions, les contacts avec les locaux pour le projet, et aide sur le terrain si besoin.

Il y a 3 bénévoles « Counter coordinators ». Ceux-ci ont déjà une bonne expérience dans le management d’une équipe et le comptage d’oiseaux en migration. Leur rôle est de gérer les équipes sur les stations de comptage, de s’assurer du bon suivi du protocole scientifique, de sauvegarder et vérifier les données collectées au quotidien,…

Nous, nous faisons partie des bénévoles compteurs (les « counters » en anglais). Nous sommes entre 10 et 30 selon la période de la migration. Certains d’entre nous sont des experts en rapaces, d’autres sont complètement débutants, mais nous sommes tous des passionnés.

Voici donc comment se passe le travail des bénévoles compteurs.

Le début de la journée

Les oiseaux commencent à voler au lever du soleil. Nous devons donc être prêts à les recenser dès leur envol. Selon l’heure du lever du soleil, nous sommes sur le terrain plus ou moins tôt, entre 6h et 7h.

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Au BRC, il n’y pas un lever de soleil identique

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Selon la répartition des équipes, nous nous rendons soit à pied à la station 1, qui est au sommet de la colline où nous vivons, à 15 minutes de marche environ, soit à la station 2. La station 2 est plus éloignée. Un mini-bus nous approche au plus près d’elle, puis nous montons le reste à pied. Il faut environ 20 à 30 minutes pour atteindre la station, et ça grimpe sec !

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Une équipe à station 1. Les équipes changent tous les jours.

Les 2 stations restent toujours en contact par talkie-walkie.

Une fois sur place, il s’agit de trouver les oiseaux, les identifier, les âger et sexer si possible, les compter puis enregistrer toutes ces informations.

Trouver les oiseaux

A l’œil nu ou aux jumelles, il faut scanner le ciel pour détecter la présence des oiseaux. Parfois, ils sont faciles à trouver. Mais ils peuvent aussi voler très bas et être durs à repérer dans la végétation.

Il arrive également qu’ils volent à contre-jour ou dans les nuages, ce qui ne facilite pas leur détection.

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Fabrice scanne le ciel à la recherche d’oiseaux

Identifier

Il faut ensuite identifier les oiseaux. Là, les jumelles sont souvent indispensables et la longue-vue, fortement recommandée. (Il est important d’amener ses jumelles pour cette mission. Quant à la longue vue, au pire, d’autres volontaires vous prêteront la leur quelques minutes de temps en temps si besoin).

En se basant sur la forme de l’oiseau, sa taille, sa façon de voler, sa couleur s’il est assez près, il faut identifier l’animal. Ce n’est pas toujours facile, mais on est là pour apprendre et partager nos connaissances, les bénévoles ne peuvent que s’améliorer. Les expérimentés aident les débutants. Au début l’identification est un peu dure, puis, à force d’entraînement ça vient petit à petit.

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Milan noir (à gauche) et bondrée apivore (à droite), 2 des espèces d’oiseaux les plus courantes à Batumi.

Parfois, l’oiseau est, de toutes les façons, impossible à identifier. La lumière est mauvaise, il est trop loin, ou encore son plumage est particulier et il pourrait ressembler à plusieurs espèces. Si, même après l’avoir pris en photo, son identification est impossible, il est alors juste placé dans un grand groupe (busard, vautour, grand aigle, rapace…).

Ager et sexer

Ce n’est pas toujours possible de le faire. Parfois la visibilité n’est pas bonne, ou bien on n’a pas le temps… Mais avoir quelques données sur l’âge des oiseaux et leur genre permet d’approfondir l’étude de leur migration. Bien sûr, ce travail n’est pas demandé aux nouveaux volontaires inexpérimentés dès le premier jour…  Seuls ceux qui savent le font. Mais en quelques semaines, nous sommes formés progressivement à âger et sexer certaines espèces et nous pouvons nous rendre de plus en plus utiles.

De plus, les coordinateurs font régulièrement des présentations Powerpoint pour nous apprendre à identifier, âger et sexer certaines espèces couramment observées à Batumi et compliquées à reconnaître comme le busard cendré et le busard pâle.

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Femelle busard cendré immature

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Busard pâle juvénile

Compter

Le comptage est faisable quel que soit le niveau de la personne. A Batumi, ce sont parfois des centaines de rapaces qui passent en quelques minutes. Les oiseaux sont comptés quand ils passent la ligne de transect. C’est une ligne imaginaire qui correspond à une droite entre la station 1 et la 2. Quand ils ne sont que quelques-uns, le comptage est facile. S’ils sont très nombreux, on utilise un cliqueur. C’est plus simple que de compter de tête et cela permet de parler tout en comptant sans faire d’erreurs.

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Matériel du sac de station (« station bag ») avec toutes les choses indispensables pour compter les oiseaux

Cela dit, ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Les passages d’oiseaux sont parfois loin et larges. Il faut utiliser les jumelles ou la longue-vue et effectuer un mouvement de haut en bas pour ne pas rater d’oiseaux.

Parfois les oiseaux se regroupent pour tourner et monter grâce à un courant d’air chaud. On appelle cela une pompe. S’ils font cela sur la ligne de transect, il faut les compter avant ou après la pompe. Mais parfois ils commencent à tourner pendant le comptage, c’est tout un art alors de ne pas perdre le compte !

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Pompe vue d’en dessous.

Il y a aussi les nuages qui viennent troubler la fête. Les oiseaux rentrent parfois dans les nuées (on dit qu’ils se gloupsent) juste avant de passer la ligne. Ou bien ils sortent des nuages après la ligne. A ce moment, impossible de savoir de façon sûre qu’ils ont bien passé la ligne à l’instant. Il faut donc bien faire attention à les compter 2 fois… Bref le comptage est beaucoup moins simple qu’il n’y paraît.

Enregistrer les données

Les données sont collectées au fur et à mesure sur une tablette que l’on appelle familièrement le « palmtop ». Nous utilisons l’appli Trekellen pour les rentrer. A tour de rôle, un bénévole est responsable du « palmtop ». Quand un compteur a des infos à rentrer, il appelle « Palmtop ! ». Le palmtopeur entre les données que lui dicte le compteur : espèce, nombre d’oiseaux, distance par rapport à la station. En données facultatives il peut également dire l’âge, le sexe,  le type de plumage…

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Palmtop, tablette pour enregistrer les données.

Etude du braconnage

Même si la chasse des rapaces est interdite, beaucoup de locaux les tirent pour le sport ou pour les manger… BRC a un projet d’éducation des enfants pour essayer de stopper à long terme ce problème en changeant les mentalités.

Pour que BRC puisse continuer d’effectuer son travail d’étude et de sensibilisation, il serait stupide d’entrer en conflit avec les braconniers. Cela ne mènerait à rien et ne serait pas une solution à long terme. Il nous est donc demandé de ne pas être désagréables avec les braconniers, de rester cordiaux, et de ne pas prendre de photos d’eux ou leurs prises sans avoir leur permission d’abord.

Cependant, rien ne nous empêche de mesurer la pression de chasse sur les rapaces. Nous enregistrons donc chaque coup de feu entendu. Nous essayons de noter les oiseaux blessés qui passent et… chaque oiseau que nous voyons tomber suite à un coup de feu…

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Suite à un tir de braconnier, une bondrée apivore a été blessée en plein ciel…

Être témoin direct du braconnage est assez dur à supporter mais nous n’avons pas le choix. C’est d’autant plus difficile quand le temps est aux nuages et les oiseaux volent bas. La pression de chasse est alors très importante (environ 150 coups de feu à l’heure et plus d’une dizaine d’oiseaux qui tombent dans ce laps de temps).

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Bondrée apivore blessée par des braconniers

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Enregistrement des oiseaux victimes de la chasse

Heureusement, la beauté  des oiseaux et les visions magiques que nous avons quand nous en voyons des centaines dans le ciel nous aident à oublier ces mauvais côtés !

Répartition des tâches

Il n’est bien sûr pas possible de tout faire à la fois, chercher les nouveaux oiseaux, compter, identifier, sexer les oiseaux dans des groupes de plusieurs centaines, enregistrer les coups de feu…

Le coordinateur a pour rôle de répartir les tâches.

Certains se voient confier la surveillance de l’est, d’autres du sud.

Quand un groupe passe, il y a dans l’idéal :

  • une personne qui compte tout le groupe.
  • une qui s’occupe de chercher les différentes espèces. Si c’est un groupe de bondrées apivores par exemple, il va chercher les milans. Parfois, il peut y avoir plusieurs personnes aux extra-espèces : un pour les milans, un pour les busards (qu’il faut sexer et âger à chaque fois pour être capable de différencier les espèces)…
  • une qui s’occupe également de sexer et âger quelques bondrées pour avoir une idée de la proportion.

Quand il y a 5 ou 6 groupes d’oiseaux qui passent, le comptage se fait moins dans le détail par manque de personnes. Quant au « palmtop » et au cliqueur de coups de feu, nous faisons chacun notre tour plus ou moins toutes les heures…

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Une partie de l’équipe travaillant à recenser les oiseaux passant à l’ouest de la station.

Lors des forts passages d’oiseaux, les stations sont  comme des ruches, tout le monde travaille à fond, essaie de rester coordonné. Le dialogue (en anglais) au sein des équipes mais aussi entre les 2 stations via talkie est essentiel.

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Lors d’un flux d’oiseaux très dense, nous trouvons des techniques originales pour nous séparer en deux le flux à compter. Voici la technique « dos à dos » !

Cette effervescence est parfois stressante mais aussi très grisante. C’est un magnifique travail en équipe !

Pendant les temps de passages plus sporadiques, l’humeur est souvent à la déconnade. Ce sont aussi des périodes idéales de partage et de mise en pratique de connaissances sur les oiseaux. De façon générale, le coordinateur  essaye de changer les tâches de chacun pour éviter la monotonie. Il est rare de compter toute la journée ou de chercher les nouveaux oiseaux durant 10h à moins qu’on le souhaite bien sûr !

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Fabrice et Fanck qui se font un petit délire

L’aménagement des stations

Nous avons la chance de bénéficier d’aménagements pour compter la migration. Dans la plupart des lieux de migration de par le monde, cela se fait debout, sans aucun abri contre le soleil, la pluie et le vent.

A Batumi, comme la migration attire des touristes, les habitants locaux ont aménagé les plateformes d’observation et facilité leur accès. Il y a des marches quand la pente est trop raide, un abri en bois pour la pluie et le soleil, des bancs, une table (pour la station 1)… La station 2 a été mise en place il y a peu. L’abri est donc encore précaire mais c’est toujours mieux que rien !

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Abri amovible de la station 2

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Abri permanent de la station 1, bien pratique les jours de pluie !

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Abri pour les touristes près de la station 2, bien pratique quand il pleut !

Le BRC met en plus à disposition des « chaises africaines » simples à fabriquer et à mettre en place. Elles permettent de pouvoir observer les oiseaux passant au-dessus de nous sans se casser le cou ! Royal !

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Chaises africaines des stations

Il ne manque plus que des escalators pour ne pas se fatiguer à monter en haut des collines !

Le seul truc qui manque ce sont les toilettes. Pour ça c’est dans la nature !

Les pauses

Il n’y a pas de temps de pause bien défini. Nous mangeons notre pique-nique quand nous pouvons ou quand nous voulons, dès que l’on a faim ou que l’on a envie. Si tous les membres de l’équipe ne sont pas occupés, il est même possible de faire une petite sieste avec l’accord du coordinateur.

La fin de la journée

Le soir, nous arrêtons le comptage un peu avant le coucher du soleil entre 17h et 18h selon les jours. Nous avons donc commencé la saison en restant environ 12h par jour sur la station à surveiller le ciel.

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Descente de la station après une journée de comptage !

 

Le travail bénévole est donc assez intense et prend beaucoup de temps. Par contre, côté conditions physiques, il n’est pas nécessaire d’être très sportif. Il faut juste être capable de tenir le choc en enchaînant des nuits un peu courtes et être capable de faire 15 à 30 minutes de marche en côte pour atteindre le sommet d’une colline.

Le travail est conséquent mais il est aussi extrêmement formateur pour quiconque a la volonté d’apprendre. Tout ce que nous vivons et faisons se fait dans une ambiance qui mélange sérieux, professionnalisme, rigolade et détente.

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