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Le camp Ambue Ari – CIWY Bolivie

Durant notre écovolontariat avec CIWY, nous vivons dans le camp Ambue Ari.

Entre Trinidad et Guarayos, l’association a acheté une parcelle de forêt. Cette parcelle est coupée en deux par la route, ce qui permet d’avoir une meilleure accessibilité pour l’arrivée des volontaires et l’accès aux ressources.

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Entrée du camp, côté route.

Dans cette jungle qui abrite de nombreux animaux sauvages vivant en liberté (félins, singes, oiseaux,…), le centre a créé des enclos pour des dizaines de pumas, jaguars, ocelots secourus. Les enclos sont très espacés entre eux pour ne pas que ces animaux territoriaux se dérangent ou s’effraient les uns les autres. C’est pourquoi il faut parfois 30 minutes de marche dans la jungle (sur des chemins à entretenir soi-même à la machette) pour rejoindre certains félins.

Au milieu de ce terrain se trouve le camp d’où rayonnent tous les sentiers qui rejoignent chaque animal du centre.

Dans le camp, il y a différents espaces :

  • les animaux du camp, avec des enclos pour les animaux résidents non félins et non singes (coatis, toucans, nandou, ara, cochons sauvages…)
  • la quarantaine (interdite d’accès sauf pour les volontaires qui en ont la charge)
  • l’hôpital vétérinaire (réservé au staff)
  • les communs (dortoirs, bureau, garage à outils, cuisine pour humains, cuisine pour animaux, lieux de stockage de la nourriture pour les animaux et pour les humains, toilettes, douches, « magasin » de vêtements appelé « Cochabamba », salle des générateurs, les coins poubelle…)

Pour cet article, je parlerai plutôt des communs.

Pour commencer il faut bien imaginer que nous sommes au milieu de la jungle au sens propre du terme ! Il y fait chaud, humide,… le sol est boueux, quand il pleut, les gouttes projettent de la boue sur toutes les surfaces, l’air est saturé d’eau et de moustiques.

Les bâtiments :

Aucun bâtiment n’est fermé hermétiquement (ou moustiquairement). Tous les espaces ont des ouvertures ce qui permet à l’air de circuler mais aussi à diverses petites bêtes de faire des visites… moustiques, araignées, cafards et autres insectes, rats (ils aiment les toilettes et la cuisine) et même coati !

Un coati semi-sauvage se promène dans le centre. Celui-ci réclame des câlins parfois mais cherche aussi à voler tout ce qui se mange ! Très irritable et absolument pas peureux, il ne faut surtout pas l’énerver au risque de se faire mordre !

Il est très important de fermer toutes les portes derrière soi. La petite bête est très rapide et s’engouffre dans les bâtiments à la moindre occasion pour tout saccager !

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Le coati qui vient fureter autour des chambres, voir si quelqu’un n’a pas oublié de fermer la porte.

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La « maison » du coati à été placée dans un arbre, juste à côté de la porte de la salle à manger. Brillante idée !

Le Fumador:

C’est le lieu le plus acceptable du camp en terme d’humidité et de moustiques (pas plus de 5 piqûres de moustique toutes les 15 minutes !).

Le coin fumeur est une petite cahute au bord de la route, munie de bancs et de trois hamacs aussi sales que confortables.

En journée, à cause du bitume de la route à côté, il y fait très chaud et la nuit le passage des camions est assourdissant et éblouissant. Mais c’est l’endroit  le plus agréable et aéré. Nous y trouvons un lieu pour nous relaxer et discuter quelques minutes avant de replonger dans le travail au milieu de la jungle.

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Le fumador

Le bureau:

C’est l’un des deux seuls endroits qui a parfois l’électricité. C’est là que le coordinateur des volontaires, celui des félins et le vétérinaire travaillent.
C’est ici aussi que nous trouvons tous les protocoles de travail avec les animaux et les téléphones portables à prendre quand on va visiter notre félin.

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L’office

La salle des générateurs:

Il y a deux générateurs. Un pour les 2 pompes à eau (une d’eau potable et une d’eau non potable) et l’autre pour l’électricité. Ils ne fonctionnent tous deux que quelques heures par jour et sont extrêmement bruyants et placés au milieu du camp (ainsi tout le monde en profite !).

Cochabamba, le magasin de vêtements :

Comme on abîme beaucoup nos vêtements en travaillant ici et qu’on a besoin de changer de tenue quand on change d’animal (afin de ne pas sentir l’odeur d’autres espèces), il y a une réserve de vieux vêtements à disposition. Ils ont été laissés par les volontaires précédents et sont maintenant disponibles à la location.

Y trouver un vêtement sans trous est quasiment mission impossible, mais c’est déjà mieux que rien !

C’est aussi l’endroit où les cuisinières ont décidé de faire la sieste par terre l’après-midi. Ça surprend un peu au début mais on s’y fait !

Les 2 réserves de nourriture:

Elles sont toutes deux aménagées dans des caisses en bois en hauteur, fermées par un lourd couvercle pour empêcher les rats d’y faire un festin. Dans la réserve de nourriture pour humain il y a une multi-prise. C’est le seul endroit où on peut brancher son appareil électrique quand le générateur est allumé. A condition d’avoir une prise de libre bien sûr…

La cuisine:

Une cuisine au milieu de la jungle c’est quelque chose ! Il faut oublier ces grands principes d’hygiène européens et fermer les yeux sur l’aspect.

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La gazinière.

Malgré la nourriture et le matériel limités, deux cuisinières arrivent quand même à nous concocter de bons plats le midi.

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Les cuisinières du camp

C’est à nous de nettoyer notre vaisselle en plastique dans l’évier.

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L’évier de la cuisine ou piscine à cafards selon le point de vue !

La salle à manger ou comedor:

Attenante à la cuisine, la salle à manger est aussi la salle commune.
On y fait les meetings et on y trouve les panneaux de répartition des tâches, des dortoirs, ainsi que les clés des enclos des félins (elles sont placées là car elles permettent de savoir qui est encore avec son félin au moment du repas et a besoin qu’on lui garde une assiette).

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Salle à manger avec Candy (un employé du centre)

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Le repas du midi est prêt !

Si on a de la nourriture personnelle, c’est ici qu’on peut la stocker. Il faut tout ranger dans des contenants en plastique fermés (boîte ou seau) si on ne veut pas de bestioles dedans !

Il y a aussi l’armoire Candy Shop où l’on peut acheter diverse cochonneries au chocolat et à l’huile de palme.

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L’armoire Candy Shop.

Le soir, le comedor est éclairé avec quelques bougies, souvent on s’y balade à la lampe frontale car le sol est assez incertain.

Les dortoirs:

Il y a plusieurs dortoirs plus ou moins grands. Cela dit, ils sont aussi insalubres les uns que les autres.
Ils sont aménagés avec quelques étagères crasseuses et des lits superposés.

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Notre dortoir, dénommé « Bambi ».

Les lits sont superposés mais sans échelle. C’est du sport d’y grimper car ils sont particulièrement hauts. Les matelas sont en bâche et en paille. Au départ d’un volontaire, son matelas est ouvert et la paille est utilisée comme litière pour les animaux. Si le volontaire veut un oreiller, il doit le louer à l’association. Cela dit le drap et la couverture sont inclus dans le prix (youhouuu !).

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Restes de matelas d’un volontaire parti il y a quelques jours

Souvent les volontaires parent les chambres de nombreux fils à linge. C’est le seul endroit où l’on peut faire sécher les différentes tenues de travail à l’abri de la pluie. En saison humide, il est rare que les vêtements sèchent complètement, l’odeur de sueur et de moisi dans les chambres est assez prenante…

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Aperçu de notre lit et des vêtements qui sèchent autour.

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Autre vue de notre dortoir avec notre colocataire, Kim.

Pour garder en sécurité ses petits objets précieux, il y a une petite pièce près du bureau avec des casiers en bois fermant à clé. Mais pour ce qui est des appareils photos, ordinateurs, et autres objets craignant l’humidité rien est prévu. Moi et Fab avons donc acheté durant notre jour off à Guarayos (ville à 1h de route en stop, où l’on peut avoir quelques fruits et autres petites choses dont on manque cruellement au camp) une grande boîte et 2 kilogrammes de riz pour y plonger notre ordinateur et autres connectiques à l’abri de l’humidité.

Les douches :

Les douches sont bien sûres à l’eau froide et ne fonctionnent qu’après l’allumage du générateur. Il n’y a pas de lumière dedans, on peut s’y éclairer à la bougie ou avec notre lampe torche.

Cela dit, c’est peut être mieux de ne pas trop les voir dans la lumière, elles n’ont pas un aspect plus propre que les autres pièces du camp et les murs sont en béton brut mal aplani (les araignées adorent y faire leurs toiles !).

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Deux des quatre douches vues de l’extérieur.

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L’intérieur des douches.

Les toilettes :

Ce sont des toilettes sèches. Le papier toilette est jeté dans une poubelle que les volontaires d’astreintes collectent et vont brûler tous les jours.
Une bouteille d’eau sert à rincer le trou à pipi et de la sciure de bois mélangée à de la chaux sert à recouvrir la grosse commission.

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Le bâtiment des toilettes.

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Le système de fermeture automatique de la porte des toilettes !

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L’une des plus sympathiques toilettes du bâtiment

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Le nécessaire pour utiliser les toilettes : PQ (à jeter à la poubelle), bouteille d’eau pour rincer la petite commission, seau de chaux et de sciure pour la grosse.

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Le calendrier des toilettes des filles, ces paysages font rêver !

Le compost:

Les éboueurs ne passent quasiment jamais ici. Les poubelles normales sont donc stockées dans un bâtiment grillagé (pour ne pas attirer les animaux) au bord de la route.

Les déchets compostables (épluchures, œufs…) sont collectés dans des bidons. Puis il faut les transporter jusqu’au trou à compost. Un joyeux moment de marche dans la boue de nuit en fin de journée !

Pour ce qui est des restes de viande, nous en avons beaucoup avec les félins. Il y a un « trou à viande« . Il se trouve bien à l’écart du camp. Personne n’aime s’y rendre. L’odeur y est ignoble.
De retour au camp, après avoir sorti et nourri notre félin nous ramenons les restes faisandés de la veille. Il faut les jeter dans le trou. Quand nous travaillons à plusieurs sur un même félin, nous en finissons souvent à jouer à « pierre feuille ciseaux » pour savoir qui va s’y coller !
Une fois que j’avais perdu à ce stupide jeu (!), je suis allée vider le seau de viande faisandée, en l’ouvrant  celui-ci m’a glissé des mains, et il est tombé dans la fosse à viande !!! J’ai dû sauter dedans avec mes bottes trouées (je vous passe les détails sur l’effet de marcher avec des bottes trouées dans de la viande pourrie) pour le récupérer, puis ressortir de ce trou de presque 2 mètres de profondeur en m’aidant des racines. Horrible ! Mais en discutant je me suis aperçu que je n’étais ni la première ni la dernière à qui ça arrivait !!!

Et pour finir une image de la laverie en plein air :

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La laverie en court d’utilisation par Stuart.

 

Le camp de Ambue Ari CIWY est assez épique on pourrait en écrire un livre !
Après tous nos écovolontariats (y compris le camp TRACC à Bornéo), c’est pour l’instant celui qui propose le moins de confort aux bénévoles.
C’est peut être aussi l’un de ceux dont on se souviendra le plus !!!

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Histoires de félins

  1. Lyliane

    Pas formidable ce refuge, il y a beaucoup de travaux à y faire pour tout remettre en état…
    Vous pourrez dire que vous en avez vu de toutes les couleurs!!! Ce refuge va en effet rester gravé dans vos souvenirs..
    En effet il ne faut pas être regardant quant à l’hygiène…
    Bravo à vous tous, bénévoles, de vivre dans de telles conditions..
    Bon courage pour les missions à venir.
    Gros bisous.

  2. Oui mes pauvres!!!!!
    Que faire afin que des travaux soient réalisés pour améliorer les conditions des bénévoles
    Bon courage et bon séjour…

    • Maude

      Oui… Mais après avec l’humidité général j’ai l’impression que tout se détériore très vite aussi…

  3. Lionel

    Mon Dieu quelle Misère !
    Pourvu que les conditions de vie ne soient pas les mêmes dans le reste du pays…
    J’imagine l’enfer des animaux quand je vois celle des hommes…
    Je vous souhaite de belles surprises et rencontres pour le reste du voyage.
    Mon cœur vous embrasse !

    • Maude

      Oui c’est vraiment léger mais les animaux sont des animaux de la jungle, l’humidité et la boue c’est plutôt normal pour eux et heureusement ils ne semblaient pas s’inquiéter de l’esthétique de leur enclos :p
      Certains enclos étaient récents et donc super pour les animaux et d’autres plus anciens étaient un peu petit mais l’association travaille à améliorer les enclos, c’est l’une de leur priorité financière après l’alimentation des animaux. Les bénévoles passent bien après…

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