banniere-caresser-animaux-ecovolontariat

Caresser les animaux sauvages en écovolontariat, je peux ?

« Est ce que je pourrai caresser les animaux sauvages durant mon écovolontariat ? »

Beaucoup de personnes espèrent que cela sera possible. Ils s’inscrivent en écovolontariat dans l’idée de pouvoir caresser, toucher ou dorloter les animaux sauvages.

Pour les professionnels de la faune sauvage, la réponse est pourtant bel et bien « Non ». Il ne faut pas que les volontaires entrent en contact direct avec les animaux.

D’après nous également, un projet d’écovolontaire éthique et sérieux est un projet où les contacts avec les animaux sont très limités voire même inexistants !

Pourquoi ne faut-il pas toucher aux animaux sauvages ? Les raisons sont nombreuses :

1- C’est un très mauvais exemple

L’une des principales raisons de la disparition des espèces animales est le trafic d’animaux sauvages. C’est notamment à cause de l’engouement pour les NAC (nouveaux animaux de compagnie) que le trafic d’animaux sauvages est le troisième plus rentable au monde juste après celui des armes et de la drogue !

Les films qui montrent des animaux sauvages apprivoisés, les histoires d’amitié entre un animal sauvage et un humain, les photos de personnes portant un animal ou l’ayant sur l’épaule sont autant d’encouragements à cet horrible trafic.

Des professionnels travaillent dur pour tenter de changer les consciences et de faire comprendre aux gens qu’un animal sauvage n’est pas un objet et encore moins une poupée qui peut nous appartenir !

Aidez-les en ne partageant pas d’images qui puissent détruire ce travail de sensibilisation et dégrader l’image que l’on devrait avoir d’un animal sauvage.

Mais si vous voulez partager des images, soyez fiers de montrer ceux qui travaillent réellement pour les animaux, qui nettoient les enclos en centre de faune sauvage, qui relâchent des animaux auparavant recueillis blessés, qui créent des enrichissements, qui étudient les animaux dans la Nature… Cela paraît peut-être moins classe qu’un singe sur l’épaule mais c’est pourtant tellement plus important !

2- En touchant un animal, il y a des risques de transmettre des maladies

« Ah non moi je suis sûre d’être en parfaite santé ! Et cet animal a tous les vaccins qu’il faut »
C’est une réponse qui ne tient pas.

Déjà nous ne pouvons jamais être sûrs d’être en parfaite santé, nous pouvons avoir attrapé un germe il y a seulement quelques minutes. Ensuite, une maladie qui peut-être bénigne pour nous peut être extrêmement dangereuse pour une autre espèce. Et inversement un animal peut être porteur sain d’une maladie grave pour l’homme.

Ne risquez pas votre santé et celle des animaux. Ne les touchez pas !
Et si jamais vous y êtes contraints, soyez rigoureux avec l’hygiène de votre peau (les crèmes et huiles peuvent être dangereuses pour l’animal) et celle de vos vêtements 😉

3- L’animal peut être agressif

Ne sous-estimez jamais une potentielle attaque d’animal. Même le plus mignon des ouistitis est capable d’infliger des blessures sévères !

Certains animaux peuvent être agressifs car ils ont peur de l’homme ou peur de se faire toucher.
Mais d’autres animaux peuvent parfois très bien accepter la présence des humains et soudain, un jour, changer de comportement.

Il suffit qu’ils soient en chaleur, qu’ils soient stressés à cause d’un bruit, malades, ou simplement levés du mauvais pied pour qu’ils soient plus agressifs que d’habitude.

C’est d’autant plus courant en centre de faune sauvage où les animaux ont des passés parfois traumatisants. Une simple odeur, un objet ou une personne qui leur rappelle les mauvais moments passés et ils peuvent soudain avoir un comportement méconnaissable.

Il est donc important d’avoir un comportement respectueux avec les animaux sauvages pour ne pas risquer de les contraindre à utiliser leur force…

4- Toucher, c’est un facteur de stress

Naturellement un animal sauvage n’aime pas les caresses et n’aime pas être touché. Lui imposer d’être touché peut infliger un stress important pour l’animal. Un stress qui n’est pas forcément facile à détecter chez tous les individus (tortues, oiseaux, paresseux,…).

5- L’odeur que l’on laisse sur l’animal

L’odeur peut influencer l’intégration sociale d’un animal avec un groupe

Prenons les lémuriens comme les makis catta par exemple. Ces animaux communiquent en grande partie par leurs odeurs corporelles. En les touchant les humains altèrent ces odeurs. L’animal peut être rejeté par son groupe en plus de stresser. Cela entraîne également parfois un comportement de surtoilettage. L’animal peut aller jusqu’à s’arracher les poils pour se débarrasser d’une odeur étrangère !

L’odeur qui peut aussi gâcher la vie de certaines espèces

Un faon par exemple sera rejeté par sa mère si son odeur était altérée par celle d’un humain…

6- Toucher entraîne un processus d’imprégnation souvent irréversible

Des animaux sauvages trop manipulés par l’humain deviennent des animaux « imprégnés » c’est à dire qu’ils considèrent l’homme presque comme leur égal. Ils n’en ont bien sûr pas peur et recherchent même leur compagnie. L’imprégnation entraîne des problèmes.

Un animal imprégné est souvent condamné à la vie en captivité

Un animal imprégné n’est pas relâchable dans la nature. Car même s’il savait trouver sa nourriture seul, il ne craindrait pas de s’approcher des hommes pour avoir un petit extra de nourriture. Cette absence de peur représenterait un risque d’attaque contre l’homme. De plus, il serait une proie facile pour être tué ou capturé par les humains.

Un animal imprégné peut s’avérer dangereux

Un animal imprégné qui reste en captivité peut aussi être très dangereux du fait de son absence de peur. La plupart des animaux sauvages sont bien plus puissants que les humains. Si l’animal est en chaleur, de mauvaise humeur ou même particulièrement excité pour jouer, il est capable d’une brutalité qui peut être dangereuse pour les humains.

Un animal imprégné est condamné a la solitude

S’il s’agit d’une espèce sociale, un animal imprégné est aussi très souvent difficile à intégrer dans un groupe. Il ne considèrera pas forcément faire partie de la même espèce que ceux du groupe. Aux yeux de ses congénères son comportement est anormal et il ne sait pas communiquer correctement. Qu’il soit relâché ou non l’animal sera donc souvent condamné à rester seul.

Un animal imprégné est malheureux en l’absence  d’humain

Un animal imprégné est de plus très dépendant des humains. Comme le serait un chien, il n’est heureux qu’en présence des hommes. Il peut être incapable de s’occuper tout seul et déprimé s’il est sans compagnie. Cette dépendance peut conduire à des comportements de stéréotypie ou à de graves dépressions.

7- Le fameux « oui mais »

Nous avons souvent entendu des bénévoles dire :
« Oui mais l’animal n’est pas relâchable, je ne suis pas malade, lui non plus… »
Ce n’est pas pour autant qu’il faut encourager sa dépendance à l’homme.

En effet, les objectifs d’un centre de faune sauvage sont de secourir, soigner et relâcher dans la nature. Si la réintroduction n’est pas possible tous les centres de faune sauvage se sont donnés pour mission de donner à l’animal non relâchable une vie la plus proche possible de celle qu’il aurait dans la Nature. Être dépendant de l’affection humaine est bien loin d’un mode de vie au plus proche du mode de vie sauvage !

Les centres de faune sauvage ont souvent un objectif de sensibilisation du public à la protection des animaux. Les animaux non relâchables sont souvent un support à cette sensibilisation. Les gens peuvent les voir, apprendre à les connaître, apprendre à apprécier et aimer différentes espèces sauvages et ainsi vouloir eux aussi les protéger.

Or, comment les sensibiliser à la protection et au respect des animaux sauvages si on leur présente un animal au comportement d’un animal de compagnie ?

Le public risque d’interpréter le message de travers et de vouloir un animal sauvage comme animal de compagnie ou s’il rencontre un animal sauvage dans la nature de penser qu’il n’est pas dangereux, de vouloir le toucher, le nourrir ou l’ apprivoiser…

 

Pour conclure, nous pensons profondément qu’il est essentiel de respecter la nature sauvage des animaux. Que l’on peut aimer profondément un animal et lui rendre service autrement qu’en le touchant ou en l’apprivoisant.
Les moments les plus magiques avec la faune sauvage sont les moments où, après des semaines ou des mois de travail, il est possible de relâcher un animal dans son milieu naturel sans que celui-ci se retourne vers nous ! Les moments vraiment heureux ne sont pas ceux où nous avons lié des contacts avec les animaux ce sont plutôt ceux où nous avons pu guider les animaux vers une plus grande indépendance !
Pleurer de joie pour avoir relâché un simple petit martinet dans le ciel de ma campagne, c’est ça pour moi « aimer la vie sauvage ».

Notons qu’il y a malgré tout des cas exceptionnels où manipuler un animal est nécessaire. C’est le cas pour les bébés non sevrés qu’il faut nourrir, les animaux malades, blessés ou handicapés qu’il faut alimenter, soigner, rééduquer. C’est le cas également des animaux imprégnés avant leur sauvetage en centre…  Mais dans ces cas précis les manipulations sont faites pour le bien de l’animal et effectuées et encadrées par des professionnels. Et quoi qu’il en soit, il faut toujours garder pour objectif de rendre petit à petit l’animal le plus indépendant de l’homme possible.

Partager : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInPin on Pinterest

Précédent

Les dangers qui planent sur les tortues

Suivant

Nos meilleures photos des Comores

  1. Lyliane

    Bravo pour cet article … J’espère qu’il sera lu par beaucoup de personnes et que le message sera retransmis.
    Oui les animaux sauvages ne sont pas des animaux de compagnie, laissons les vivre tranquillement en liberté dans la nature, il y a bien assez de chiens et de chats à adopter…
    Merci à vous pour ce message…
    Bisous

  2. silly

    Merci ! il faut comprendre.
    Je m’empresse de partager.

  3. UnJurassien

    Tiens, avant-hier j’ai du détacher une petite brebis qui s’était coincée dans une clôture électrique , et qui prenait une châtaigne toute les 2 secondes, elle devait être là depuis un moment vu comment elle était emmêlée. :-/

    Petite pensée pour toi, en retrouvant le dessin d’une dinde(!!!) dans mon barda.

    • Maude

      La pauvre louloute ! Je me rappelle de cette dinde, j’ai gardé une copie dans mes archives, je ne me rappelle plus l’origine de l’idée par contre… J’espère que tu vas bien, merci pour le com =)

  4. Jullien marine

    Super article Maude
    Fière d’avoir une cousine aussi stylé
    Je rebondis sur le fait que
    La principale raison de la disparition des espèces animales est le trafic d’animaux sauvage
    pour rajouter que l’une des autres raisons est la destruction de leur environnement (dans le but d’en faire des champs de soja afin de nourrir le betail).

Laisser un commentaire

Copyrights ©Ecolybride 2016