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Comment être un bon écotouriste à Bornéo

Suite à notre vécu, il nous parait important de réaliser un petit guide pratique destiné aux futurs voyageurs souhaitant visiter Sarawak et Sabah, tout en évitant d’avoir un impact négatif sur l’environnement. Ce guide pourra également, à notre avis, s’adapter facilement à Bornéo en général mais aussi à d’autres contrées de l’est asiatique.

Nous même sensibles à ces questions environnementales, durant notre voyage, nous avons toujours tout fait pour être de bons éco-touristes. Mais de retour chez nous, en lisant différents articles, nous nous sommes rendu compte que nous avions, malgré tout, fait des erreurs ! Nous avons alors réalisé qu’il y avait réellement un manque de communication sur ce sujet, que cela soit sur le Lonely Planet ou sur place. On peut parfois trouver des parcs (comme Kubah à Sarawak) ou des agences (comme Scuba Junkie à Semporna) qui proposent quelques panneaux sur le sujet aux visiteurs, mais ils restent dans l’ensemble très discrets et n’ont pas souvent un caractère obligatoire.
Ici, on ne vous parlera pas de transports en commun, de calcul d’émission de gaz à effet de serre, de limitation de la consommation d’eau, de lumière ou d’électricité… Tout ça vous le savez déjà ! Mais nous essaierons de faire le tour de ce qu’il faut faire et ne pas faire dans les sites naturels afin de déranger le moins possible les écosystèmes.
Certains conseils vous paraîtront peut-être ridicules ou dérisoires, mais à ce moment, nous vous invitons à vous poser la question : « Et si tout le monde faisait ça tous les jours, pendant plusieurs années, que se passerait-il ? »
Nous vous remercions par avance de lire ces lignes et de les appliquer du mieux que vous pouvez durant votre voyage. Et si vous avez d’autres conseils à nous soumettre, n’hésitez pas !!!

Achats de souvenirs :

  • Coquillage. Impossible de savoir de façon certaine si le coquillage a été prélevé mort ou vivant. Dans tous les cas, prélever des coquillages participe à l’érosion des plages (attention certains objets sont faits à partir de coquillage et c’est le même souci)
  • Insectes morts, étoiles de mer ou hippocampes séchés. Ces animaux disparaissent à cause de ces ventes. Et ils ont tous été capturés vivants et sont morts dans d’atroces souffrances (transpercés par une aiguille, desséchés au soleil…)
  • Bijoux en oursins
  • Bois
  • Boycotter magasins et/ou produits
  • Dire aux vendeurs que vous êtes contre ça. Ça n’aura sûrement pas un effet immédiat, mais si tout le monde le dit…
  • Ne pas hésiter à questionner les vendeurs sur la provenance de ce type de produit. Il vous mentira peut-être mais ça pourra l’amener à se poser plus souvent ces questions à lui-même.

Pollutions :

  • Bien sûr ne jetez pas vos déchets par terre.
    • Malheureusement, les locaux jettent souvent leurs déchets par terre. C’est vraisemblablement car ils n’ont pas cette conscience de la pollution. Mais des occidentaux le font également. Certains d’entre eux pensent souvent, « ce n’est pas grave, des employés sont là pour le ramasser ». Si cette réflexion n’est pas toujours fondée en occident, elle l’est encore moins à Bornéo. Les employés des parcs ne peuvent pas faire le tour tous les jours de tous les chemins de randonnée pour ramasser les déchets, cela prendrait beaucoup trop de temps et d’énergie.
    • A noter qu’il y a de fortes averses très régulièrement à Bornéo, le déchet que vous avez laissé en bord de chemin sera transporté au cœur de la nature à la moindre pluie.
  • S’il n’y a pas de poubelle, gardez vos déchets sur vous ! Il y a souvent des raisons bien valables pour ne pas mettre de poubelles au sein des parcs naturels.
    • Les employés ne peuvent pas faire un ramassage régulier des ordures,
    • Les animaux sauvages pourraient se nourrir dans ces poubelles, ce qui perturberait leurs habitudes alimentaires et, à long terme, les rendrait dépendants de la présence des hommes  et de leurs déchets.
  • Soyez solidaires, si vous pouvez ramasser quelques déchets sur votre chemin pour les porter à des poubelles adéquates, cela rendra un grand service à la nature. Ce conseil est également valable lors de vos plongées en mer.
  • Utilisez des répulsifs à insectes naturels.
    • Il existe des huiles essentielles naturelles qui permettent de repousser efficacement les insectes. Lors de vos achats essayez de les privilégier et d’éviter les sprays et crèmes chimiques.
  • Portez des vêtements couvrants afin de limiter votre consommation de répulsifs. Même s’ils sont naturels, l’odeur de ces produits perturbe certains animaux à l’odorat sensible, notamment des mammifères. De plus, ils vous sentiront de loin et fuiront bien avant que vous ne puissiez les observer !
  • Ne vous servez des bombes insecticides qu’en tout dernier recours. Même si vous êtes dans votre chambre d’hôtel, le produit que vous utiliserez finira toujours, un jour ou l’autre, dans la nature. Préférez utiliser une moustiquaire, un drap, des vêtements couvrants ou même un répulsif, pour vous protéger des insectes dans votre chambre.

Limiter l’impact sur le milieu de vie :

  • Restez sur les chemins pour ne pas tasser les sols, détruire des habitats et écraser les petits animaux qui y vivent.
  • Ne prélevez rien dans les sites naturels. Que cela soit des choses vivantes, mortes ou même minérales (érosion, perte de l’habitat, …) car cela perturberait l’équilibre fragile du site naturel.
  • Ne déplacez rien (pierre, feuille, branche…), dans la nature toute chose est habitée par des plantes ou des animaux, même s’ils ne sont pas visibles. Retenez votre envie de construire (mini barrage dans les cours d’eau, cabane…)

Respect de l’animal et de son comportement :

  • Ne laissez pas traîner de déchets, les animaux vont finir par devenir dépendants de cette nourriture.
  • Ne laissez pas votre nourriture à portée des animaux sauvages. Avec le temps certaines espèces comme les macaques apprendront à voler les visiteurs d’une façon de plus en plus agressive. A force, ils deviendront là-aussi dépendants de cette source de nourriture et n’hésiteront pas à attaquer l’homme si besoin.
  • Quand il fait sombre, limitez votre lumière sur les animaux.
    • Certains animaux, nocturnes notamment, sont très sensibles à la lumière évitez donc de les éclairer directement dans les yeux.
    • Certaines espèces s’orientent avec la lune, la présence de lumières artificielles perturbe leur déplacement et peut avoir des conséquences fatales. C’est le cas pour les bébés tortues. Dès leur naissance, elles doivent trouver leur chemin grâce à la lumière de la lune vers la mer. Elles doivent affronter de nombreux dangers. Tout égarement dû aux lampes artificielles a un impact sur la survie de l’espèce.
  • N’utilisez pas le flash pour prendre des photos animalières
    • Il est rare que le flash soit utile
    • Il engendre un important stress chez les animaux qu’ils soient en enclos ou en milieu sauvage. Certains y sont tellement sensibles qu’ils peuvent ne pas y survivre.
    • N’utilisez JAMAIS de flash sur les poissons ! Ces animaux n’ont pas de paupières ! Les flashs, au mieux, brûlent leurs rétines et au pis entraînent la mort !!! Exemple : A Mabul, nous avons appris qu’il n’y avait plus d’hippocampes. Ces petits animaux auraient tous succombé, entre autres, à cause des prises de photos avec flash répétées des touristes plongeurs.
  • Résistez à la tentation de vous approcher, d’encercler, ou de suivre excessivement un animal.Toutes ces actions peuvent engendrer un stress très important chez l’animal.
    • Et malheureusement, elles se pratiquent de plus en plus. Avec l’appareil photo numérique, plus de soucis de pellicules, on peut enchaîner les photographies pendant des heures sans s’inquiéter de cette consommation.
    • Laissez toujours à l’animal une échappatoire, qu’il pourra emprunter quand il estimera que le danger est trop important.
    • Ne le traquez pas. Vous l’avez découvert, observé et peut-être même photographié mais une fois qu’il s’est enfui, laissez-le. Vous en avez assez profité et tant pis si les photos ne sont pas parfaites !
    • Certaines espèces sont tellement stressées quand elles sont découvertes par des visiteurs qu’elles vont parfois jusqu’à se suicider ensuite (comme le tarsier, en cessant de respirer ou en se fracassant la tête sur un tronc). Il est presque impossible, quand on ne connaît pas, de juger du niveau de stress d’un animal. Un tarsier peut se laisser approcher de très près et garder des mouvements lents, cela ne signifie pas pour autant qu’il est calme et confiant, il peut simplement être paralysé par la peur ou tenter de se camoufler.
    • Ces actions peuvent aussi entraîner une confiance en l’homme qui peut être fatale pour l’animal.
      • A force, des animaux comme des singes se laisseront approcher sans problème.
      • Mais ils finiront par être tellement confiants qu’ils en seront agressifs (pour obtenir de la nourriture par exemple)
      • Et quand un braconnier voudra les capturer ou les abattre, ils n’auront aucune méfiance et seront des proies faciles.
    • Ces actions vont inévitablement modifier le comportement de l’animal, il utilisera beaucoup d’énergie à fuir, perturbera ses habitudes, modifiera son comportement social ou même modifiera son territoire de chasse ou de nourrissage.
  • Ne touchez jamais les animaux :
    • Cela occasionne du stress chez l’individu.
    • Cela peut transmettre des maladies ou des germes à l’animal ou même à vous.
    • Certains guides proposent de toucher et même de tenir des animaux, résistez à la tentation et refusez (n’hésitez pas à en expliquer les raisons).
  • Limitez votre bruit. Comme la lumière ou le fait de s’approcher trop près, c’est un facteur qui peut stresser l’animal, perturber son comportement, l’habituer à la présence humaine etc. De plus, plus vous ferez de bruit moins vous aurez de chance d’observer la faune.
  • Face à un animal, faites des gestes lents et peu amples. Nos mouvements peuvent être mal interprétés par un animal, il peut les apparenter à une agression ce qui pourra engendrer, stress, fuite, ou attaque.

Lors de vos sorties en mer (Snorkelling ou plongée sous-marine) :

  • Ne touchez pas les coraux avec vos palmes, cela peut les casser (un corail pousse d’un 1cm par an en moyenne dans la nature, il ne se réparera pas comme ça)
  • Ne remuez pas les sédiments
  • Nous nous répétons, mais c’est essentiel : N’utilisez jamais de lumière artificielle (lampe ou flash) sur les poissons au risque de les tuer (cf le point « respect de l’animal »).
  • Encore une fois, attention à ne pas : laisser vos déchets, photographier avec flash, prélever des parties du milieu naturel, toucher les animaux (coraux inclus),…Gestes eco-touristes en plongée

Pour aller plus loin :

  • Communiquer avec les autres qu’ils soient touristes, locaux ou même guides !
    • Partagez votre point de vue sur la protection de l’environnement, invitez les autres à faire de même.
    • Vous apprendrez parfois davantage sur le sujet pour améliorer votre comportement (et aider à compléter cet article !)
  • Montrez le bon exemple ! Ce n’est pas parce que tout le monde le fait que vous devez le faire aussi.
  • Ne faites pas toujours aveuglément confiances aux guides ou aux rangers. Certains sont nouveaux, ne sont pas sensibles à l’environnement, ou donnent la priorité à la satisfaction du touriste et non au bien être écologique (ils invitent à s’approcher au plus près des animaux sauvages, les nourrissent, n’invitent pas au silence, utilisent le flash, sortent des chemins, traquent les animaux,…)
  • N’hésitez pas à agir si vous êtes témoins d’un mauvais comportement !
    • Si quelqu’un prélève un animal, une plante ou autre, même si ce n’est pas définitif, invitez cette personne à corriger tout de suite son erreur. Nous avons nous même minimisé l’impact que pouvait avoir ce genre d’action, et nous le regrettons encore. Notre capitaine de bateau à Mabul a capturé des frogfish et un petit batfish. Il les a mis dans un grand récipient le temps que tout le monde les voit et les photographie. Quelques heures plus tard, il les a relâchés. Mais certains individus, surement trop stressés, sont restés sans nager sur le côté, entre deux eaux dans la mer. Nous doutons qu’ils aient tous survécu à cette capture.
    • Si vous découvrez un animal sauvage en captivité depuis longtemps, invitez la personne à le livrer aux services de l’Etat compétent. Si la personne ne fait rien, contactez une association locale ou les services de l’état concernés : à Sarawak (Sarawak Foresty) et à Sabah (Sabah Wildlife Department). Ne relâchez pas l’animal directement dans la nature. Cela ne peut être envisageable après une longue situation de captivité car l’animal a sans doute perdu l’habitude de se débrouiller seul dans le milieu sauvage. C’est pourquoi il est impératif de passer par des professionnels pour le sortir de sa détention.Colybride semaine riche en suprise civette

Nous espérons que cet article vous aidera à adapter votre comportement lors de votre voyage, qu’il génèrera quelques prises de conscience et que tout cela finira par changer la donne !
Si vous souhaitez compléter cette liste de recommandations, n’hésitez pas à nous contacter via un commentaire ! Merci!

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  1. Lyliane cochard

    Certes ce sont des gestes tout simples à faire(éviter de laisser les déchets et les papiers sales par terre…) mais qui peut effectivement avoir un grand impact sur la nature. Ces gestes là aussi peuvent être fait chez nous, quand on voir parfois l’état des plages le matin de bonne heure…..

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