La vérité sur les éléphants domestiques…

En Thaïlande, nous travaillons dans un centre de faune sauvage qui voue un tiers de son terrain au confort des éléphants. C’est pourquoi nous ne pouvons pas ne pas vous parler du cauchemar des Eléphants d’Asie domestiqués.

En Asie et particulièrement en Thaïlande, l’éléphant a été pendant des siècles capturé et/ou élevé pour servir de bête de somme et de monture aux humains.

Aujourd’hui encore, des milliers d’éléphants sont domestiqués, ils sont encore utilisés pour des travaux de force. Mais la plupart d’entre eux sont maintenant mis au service du tourisme.

Qui ne s’est pas un jour extasié sur internet en regardant la vidéo d’un éléphant qui peint ? Qui n’a pas un jour rêvé de monter sur le dos de ce majestueux, doux et intelligent animal, ou de se prendre en photo à ses côtés ?

Seulement voilà, beaucoup de touristes ne connaissent pas le revers de la médaille.
Voilà ce qui se passe de l’autre côté du miroir…

(Toutes les photos avec le copyright WFFT ont été faites lors de la libération de l’éléphante Wassama qui coule maintenant des jours heureux au WFFT) 

Comment dresser l’éléphant

(Pas de photo pour cette partie par égard aux âmes sensibles)

L’éléphant est d’un naturel nerveux et sauvage.
Venant du milieu naturel ou d’une ferme d’élevage, il est arraché à sa mère très très jeune, à 2 ou 3 ans (Alors qu’il a besoin de sa mère jusqu’à 5 ans environ).

La première étape est de « casser le cœur et l’esprit » de l’animal. Cela s’appelle le « phajaan ». L’éléphanteau est placé dans une cage toute petite pour qu’il ne puisse pas bouger du tout. Et pendant plusieurs jours (parfois 1 semaine), des dresseurs le ruent de coups, le piquent, le griffent, l’affament et l’empêchent de dormir… Les tortionnaires connaissent les points faibles de l’animal et savent le frapper là où ça fait mal. Ils le font tellement souffrir que l’éléphanteau hurle et appelle sa mère qu’il a perdue…

Au bout de plusieurs jours à être torturé, l’éléphanteau arrête de pleurer et de se défendre. Il subit les coups de ses tortionnaires sans broncher… Il est résigné à souffrir, il a été « cassé », il n’aura plus jamais la force de se révolter… La croyance populaire dit que l’âme de l’éléphant a quitté son corps, l’animal est « vide ».

L’éléphanteau et alors sorti de sa cage et apprend à obéir aux coups du bullhook (ou « goad » sorte de pic à glace), de pieds et aux pincements d’oreille que le « mahout », son nouveau maître, lui assène…

L’éléphant qui travaille souffre

Les coups

On dit que l’éléphant a le cuir très épais et qu’il n’a pas mal lors des coups de bullhook sur la tête. Mais c’est faux. En réalité leur peau est aussi sensible que la notre. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’arrosent souvent de poussière, d’eau et de boue, cela protège leur épiderme des piqûres d’insectes et des coups de soleil. Chaque coup que lui donne le mahout, le fait souffrir. Le mahout prend en plus bien soin de choisir de frapper aux zones sensibles. Les coups sont ainsi très discrets d’un point de vue extérieur et c’est aussi un moyen de rappeler à l’animal la torture du phajaan afin d’entretenir sa peur et sa soumission.

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Wassama et son mahout juste avant sa libération.

Une vie qui le rend fou

Mais leur calvaire ne s’arrête pas là. L’éléphant est un animal social qui vit en famille. S’il est asservi par l’homme, il doit mener une vie de solitude. Et chaque fin de journée, quand son travail est fini, ses pattes sont enchaînées pour qu’il ne bouge pas et reste inoffensif.

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Le pied de Wassama juste avant qu’on lui retire ses chaines.

Le travail est très répétitif pour cet animal intelligent. C’est surtout le cas dans le tourisme, où il fait heure après heure le même parcours ou le même spectacle (tour de cirque, peinture, danse…).

De nombreux éléphants domestiques développent des troubles neurologiques, ils deviennent fous, ont des tocs,… Au WFFT une éléphante sauvée d’un cirque continue des années après son sauvetage à danser comme si elle était toujours sur la piste…

Un travail très physique

L’éléphant est amené à porter des charges énormes (troncs d’arbre, palanquins pour touristes…).
Il est en effet capable de porter cela.
La puissance de l’animal est en effet proportionnelle à sa taille. Et pendant des années, on a cru que sa résistance l’était aussi. Mais c’est complètement faux !

En réalité, il n’est pas fait pour porter si lourd, porter le poids de son propre corps est bien assez ! On estime qu’un éléphant peut porter jusqu’à 150kg sur son dos. Hors, le mahout pèse environ 60kg et la nacelle (ou palanquin) qui pèse environ 100kg peut accueillir 3 à 6 touristes à la fois ! C’est beaucoup trop !

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Les compagnons de prison de Wassama avec les palanquins, l’association ne peut pas tous les sauver…

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Ici au moins, Wassama avait la chance de passer ses heures de repos à l’ombre. C’est loin d’être toujours le cas pour les éléphants captifs…

Avec le temps, porter de tels poids fait souffrir ses pattes. L’éléphant développe d’énormes abcès incurables aux pattes.
Si l’éléphant porte ces lourdes charges sur son dos (c’est le cas des éléphants servant au tourisme), il a, en plus des abcès, de graves problèmes de dos. La colonne vertébrale se déforme sous le poids des palanquins. 

L’éléphant passe donc sa vie à souffrir physiquement mais aussi moralement.

Le dressage des éléphants contribue à la disparition des éléphants sauvages

Beaucoup d’éléphants sont tués. On estime que 50% des éléphanteaux ne survivent pas au rituel du phajaan. Pour ceux qui survivent, ils sont souvent tués quand ils sont trop vieux pour travailler. Leurs dents, leurs défenses, leurs os et leur cuir sont vendus. Ce qui alimente et entretient le marché de l’ivoire, et de la médecine traditionnelle chinoise.

Les éléphantes n’ont des petits que tous les 5 ans environ, les fermes d’élevages ne peuvent satisfaire la demande. C’est pourquoi les éléphants d’Asie sont encore beaucoup chassés. Les braconniers n’hésitent pas à tuer toute la famille pour capturer un bébé assez jeune pour le phajaan.

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Une éléphante venant d’une ferme d’élevage a été secourue. Elle avait déjà donné naissance à 3 petits qui lui avaient été arrachés pour subir le phajaan. Elle a été sauvée avant qu’on lui arrache son 4e bébé, mais elle est si traumatisée par les précédents, qu’elle est aussi docile qu’un éléphant dressé…

Que font les centres de faune sauvage ?

Sauvetages:

Certains centres de faune sauvage en Asie construisent des infrastructures nécessaires à l’accueil de ces éléphants. Cela a évidemment un coût énorme en termes de construction et d’entretien.

Mais ces centres n’ont que rarement la loi de leur côté pour confisquer les éléphants à leur mahout.

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Wassama entame son voyage vers le centre du WFFT.

Ils doivent en réalité user de diplomatie et négocier parfois pendant des mois l’accueil d’un animal.

Il est rare que les associations obtiennent gratuitement un animal. Les mahouts, leur famille, et l’entreprise pour qui ils travaillent ont besoin d’argent.

Il faut donc acheter le pachyderme. Mais tout en faisant attention de ne pas encourager « l’industrie » de l’éléphant. 

Il faut donc acheter l’animal moins cher que le prix d’un jeune éléphant maté avec des années de travail devant lui. Sinon l’argent de l’achat servira à asservir un individu plus jeune.
C’est pour cela que les centres accueillent plutôt de vieux individus qui ont été négociés à bas prix.
Pour vous donner une idée, en Thaïlande, un jeune éléphant déjà dressé coûte entre 31391€ et 52319€, tandis qu’un vieil éléphant (50 ans environ) se négocie entre 10577€ et 18510€.

A la fin de la négociation, il est parfois conclu que le mahout sera employé par l’association pour s’occuper à temps plein du nouvel arrivant. Car malgré les souffrances qu’il lui a fait subir, il est tout de même devenu une référence pour l’animal qui est plus enclin à lui obéir à lui qu’à un autre humain…
Cela permet également de convertir un mahout au bien-être des éléphants.

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Après sa libération, Wassama a eu le droit de faire ce qu’elle voulait du bullhook qui l’a tant blessée dans sa vie… Elle l’a cassé avec sa puissante mâchoire !

 

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Wassama découvre sa nouvelle maison, un grand enclos, de l’herbe, des arbres…

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Tous les jours les éléphants ont le droit à une petit balade. Les mahouts ne leur montent pas dessus, les animaux n’ont aucune contrainte lors de ce moment de détente !

Pédagogie

Les centres tentent également de faire changer la mentalité des gens pour que l’éléphant soit traité avec respect et douceur. Ils invitent également à boycotter toute forme de tourisme impliquant l’asservissement d’un animal.

Ce que vous pouvez faire ?

Déjà vous pouvez partager un maximum autour de vous ce que vous savez du calvaire des éléphants dressés. Vous trouverez facilement des vidéos du rituel de phajaan. Nous avons préféré ne pas en partager ici car elles sont vraiment dures, mais rien ne vous empêche de le faire !

Si vous connaissez des gens qui vont en Asie, parlez-leurs de tout cela. Convainquez les de ne JAMAIS donner d’argent au profit des éléphants dressés et des autres animaux victimes du tourisme.

Ne montez JAMAIS sur un éléphant (avec palanquin ou non), ne payez jamais pour vous prendre en photo avec un animal Eléphant, singe, tigre,… dans tous les cas, il a dû subir et subit encore des choses horribles pour obéir à son maître…

N’hésitez pas à aider et promouvoir les associations qui agissent pour les éléphants.

Si vous rêvez d’approcher des éléphants, inscrivez-vous plutôt en éco-volontariat. Vous contribuerez à donner une vie meilleure à ses pachydermes. Nous pouvons vous conseiller le WFFT et l’Eléphant Nature Park en Thaïlande. Nous savons de sources sûres que les éléphants y sont bien traités. Délaissez par contre Ganesha Park : cette association a beau être gérée par un Français, nous en avons eu de mauvais échos. De plus, là-bas, il est possible de faire des balades à dos d’éléphant et ceux-ci sont toujours matés à coup de pics.

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Une amie à nous qui a passé plusieurs jours comme volontaire auprès des éléphants

 

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Amener à manger, promener l’animal, lui donner la douche, les volontaires ont du boulot pour s’occuper de cette gentille mamie ! En passant, regardez l’irrégularité de son dos, ce sont des déformations liés à la nacelle qu’elle a porté des années…

Si jamais, après avoir lu ces lignes vous souhaitez quand même monter à dos d’éléphant, choisissez bien. Sachez que moins la balade est chère, plus l’éléphant doit être maltraité. Nourrir cet animal coûte cher (il peut manger jusqu’à 150kg de nourriture par jour). Si le mahout demande peu d’argent, c’est sûrement en dépit du bien être de sa monture…

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  1. Lyliane

    ç’est triste de voir cette maltraitance envers les animaux et que malheureusement les gouvernements n’aident pas les refuges tel que celui-ci…
    Merci de faire partager tout ceci…

  2. Lionel

    Qu’on se le dise…
    Oyez!Oyez! Braves gens…

  3. Merci pour cet article complet sur le sujet, même si je rêve de voir des éléphants je ne veux pas contribuer à ces pratiques inhumaines ! Il y a un Elephant Nature Park à Chiang Mai justement, je vais sûrement m’inscrire en tant que bénévole !

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